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Rapport d’activité

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Rapport d'activité 2019
Rapport d’activité 2019

RAPPORT MORAL

C’est un regard qu’il faut affiner, une façon d’ouvrir les yeux. Le champ de vision est étroit pour qui ne sait lire, l’esprit s’accroche à ce qu’il sait. Jamais il ne se bouscule, jamais il accepte lui même un autre regard.
Pour cela, il faut du relief, il faut mettre en mouvement l’esprit et la pensée, créer la perspective, changer la focale.
Abattre des arbres dans une réserve naturelle semble toujours de prime abord contre intuitif. Il nous appartient donc d’accompagner notre geste d’une explication, d’une petite astérisque qui donne toutes les raisons.
Cette petite astérisque, c’est toute la démarche artistique mise en œuvre au cours de l’année 2019. C’est l’œuvre de deux artistes qui se sont approprié le lieu, la réserve naturelle des landes de Monteneuf, pour transformer le travail du cheval débardeur et de son guide, le bruit des tracteurs et des tronçonneuses, pour restaurer celui de l’engoulevent et du vent dans les ajoncs.

L’évènement fut important, mesuré à l’aune du nombre de visiteurs qui l’accompagnèrent, dès les premières heures, venus l’inaugurer, stagiaires en insertion, bénévoles, salarié·e·s de l’association, élu·e·s locaux·les et partenaires historiques de cette démarche qui veut que l’on préserve et accompagne les espaces fragiles comme le sont les landes de notre commune.

Le sentier Regards qui monopolisa beaucoup d’énergie, associative, salariée et institutionnelle fut le fil conducteur de la vie de la réserve et permis également de nombreux partenariats pour mettre en valeur le travail des un·e·s et des autres. Notamment l’association des Passeurs d’images et de sons qui a réalisé un film, Landes de Vie, présenté en avant première à Monteneuf, rassemblant de nombreux·ses habitant·e·s de notre commune.

Outre la vie trépidante de la réserve naturelle, l’année 2019 fut marquée par le départ de l’étude du futur espace d’interprétation archéologique. Ce travail est dans la continuité des trois années d’études et de prospection qui avaient rassemblé de nombreux·ses bénévoles ainsi que plusieurs institutions et collectivités.
C’est la rencontre entre le travail scientifique entrepris par les salarié·e·s de l’association, de la volonté publique d’accompagner le développement raisonné des sites d’exception comme le site archéologique des Menhirs de Monteneuf et la motivation de nombreux·ses bénévoles venu·e·s participer aux chantiers de prospection. S’il ne verra le jour que dans les mois à venir, ce sentier va être le lien entre les scientifiques archéologues et les visiteurs curieux des processus de découvertes et d’interprétations. Il sera une fois de plus un outil de médiation mis en œuvre par l’association et développé au profit du plus grand nombre.

Dans la même démarche de transmission, la Faites de la préhistoire, cette année 2019 sur le thème de l’alimentation, a contribué à "faire connaître". Le succès rencontré par cette journée festive d’échanges et de rencontres entre les millénaires nous rassure sur l’engouement sans cesse croissant pour l’histoire et le patrimoine.

Un autre succès croissant est celui de notre activité d’accueil, puisque cette année 2019 a vu l’activité faire un bon de 10 % du chiffre d’affaires. C’est le témoin de deux mouvements parallèles qui nous laissent augurer de la pertinence de notre démarche : la demande de plus en plus forte pour des moments d’immersions accompagnés de professionnel·le·s d’une part et la satisfaction de ces mêmes demandes par les animatrices et animateurs de l’association qui savent, par leurs compétences et leur engagement, répondre et s’adapter aux publics qu’ils et elles accueillent d’autre part.

Il ne suffit plus de dire que l’environnement naturel et le vivant sont gravement menacés, il est nécessaire de pouvoir compter sur des professionnel·le·s compétent·e·s pour accompagner un autre "regard" (on y revient) sur ce qui nous entoure, nous est nécessaire, ou nous émeut.

Pour accompagner cette démarche, nous bénéficions de bâtiments conçus pour cela. Nous devons en revanche déplorer l’état dégradé d’un bâtiment d’hébergement qui n’a pas encore 20 ans et présente de graves signes de faiblesse, nous obligeant une nuit de novembre à couper la chaudière par mesure de sécurité alors que 60 enfants dorment dans les locaux. Cet exemple grave, qui fut depuis lors confirmé par d’autres pannes que nous avons du gérer dans l’urgence nous conduit aujourd’hui à nous interroger sur les investissements nécessaires à mener pour permettre à notre association de poursuivre son incontournable travail de transmission et de
médiation.

Expliquer d’où l’on vient, montrer où l’on est, sont deux des piliers de l’empathie indispensable à la préservation du vivant et de son histoire. Préserver ne peut se faire que si l’on connaît ce qui est à préserver. L’environnement, ce qui nous entoure, où s’arrête-t-il ? Une année encore, l’Association Les Landes, représentée par deux nouveaux co-présidents, a su être un acteur incontournable de cette nécessité.

De nombreux changements ont eu lieu dans l’organisation des équipes, dans le fonctionnement de chaque pôle. Le départ de Dominique Caillot de son poste de directrice, l’arrivée d’Élisabeth Grégoire à ce poste, font partie de l’évolution naturelle d’une association de près de 20 ans d’existence. Les mois à venir seront le moment d’interroger ces nouveaux fonctionnements pour continuer notre action dans la durée entourés de tous nos partenaires.

Marc Bouché et Patrick Perez
Co-présidents